Temoignages...

Temoignage 1:

En août quand on a appris qu'il n'y avait aucun autre recours possible que l'adoption et le don d'ovocytes pour avoir un enfant, mon choix s'est immédiatement porté sur l'adoption, le don d'ovocytes je ne voulais pas en entendre parler. Pour moi l'idée de porter un enfant qui soit de Jean et d'une autre femme me semblait totalement au dessus de mes forces et même malsain… J'ai commencé à aller sur les forums des insuffisances ovariennes et j'y ai forcément rencontré des jeunes femmes qui comme moi pouvaient s'orienter vers le don d'ovocytes. J'ai été étonnée car elles me disaient pour certaines, qu'au départ elles étaient aussi farouchement contre, et qu'après quelques temps, leur avis sur la question avait évolué. Je suis aussi allée sur des posts dédiés aux dons d'ovocytes, et j'ai discuté avec des jeunes femmes qui venaient d'accoucher, et m'assuraient que désormais dans leur tête cette enfant était bien le leur, il s'était nourrit et construit à l'intérieur d'elle et que c'était ca qui comptait… J'ai donc souhaité qu'on prenne rendez – vous  pour commencer l'inscription, tout en me disant que comme il y avait au moins deux ans d'attente, ca me laisserait le temps de réfléchir. Jean lui n'a jamais été contre, mais n'a jamais privilégié le don d'ovocytes à l'adoption non plus.

Les démarches sont vraiment très administratives… Il y a quand même quelques prises de sang à faire, une réunion (vraiment très nulle car c'est une information sur les fivs en générales, mais nous on se sent un peu mal à l'aise car nous on aura qu'un simple transfert), des documents à remplir, une photo à donner, des papiers à photocopier. Notre premier rendez – vous était en novembre, Le Dr J nous a donné des docs à lire sur le sujet, des documents de consentements à remplir, nous a represcrit quelques examens, enfin surtout à Jean, car moi j'en avais déjà fait beaucoup! On est revenu au second rendez – vous  en janvier où là ca s'est nettement moins bien passé… Elle m'a annoncé que si je ne perdais pas 30kg je serai refusée sur la liste d'attente! Les bras m'en sont tombés! Je n'ai ni diabéthe, ni choloestérol, ni le moindre problème si ce n'est le surpoid, c'est un probléme qu'aucun médecin n'a jamais réussi à résoudre depuis que j'ai l'âge de 2 ans… Des régimes j'en fait depuis que j'ai 6 ans, le yoyo c'est ma spécialité. J'ai tout essayé des régimes ultra draconnien à 500kcal par jour, aux régimes hyper-protéinés, à weight watchers, … Et le résultat est à chaque fois désolant, malgré une alimentation trés équilibrée, rien n'y fait, non seulement je ne perds pas mais selon les périodes je grossis même… Le Dr D que j'avais vu au départ à JDF m'avait dit que l'une des raison était une hypothiroidie, c'est la premiére cause. Le Dr B lui estime que mon insuffisance ovarienne résulte aussi d'une dystrophie ovarienne, qui entraînerait des problèmes de glycémie et donc des problèmes de surpoids. Bref chacun y va de sa théorie, mais ce que je n'ai pas du tout apprécié à ce rendez – vous c'est que le Dr J n'avait pas l'air de me croire du tout! Elle m'a demandé si j'étais boulimique, j'ai été sidérée, elle avait pourtant mon dossier sous les yeux, tout cela avait été abordé avec le Dr D, et avec les “charmants” internes de l'hopital, je pensai bien qu'ils avaient compris que tout cela était probablement hormonal! Je me suis effondrée, car je me suis sentie non seulement jugée, mais aussi je voyais bien la porte du don d'ovocyte (peut etre ma seule et unique chance de porter un enfant)se fermer devant moi… Alors elle m'a prescrit un médicament, le metformine ou glucophage, pour m'aider. C'est un cachet normalement prescrit au diabéthique mais qui aurait comme propriété d'empêcher les stockages de graisses et de sucres. Au départ j'étais assez sceptique, d'autant que mon médecin traitant me déconseillait de le prendre. Finalement après un échange de courrier avec Mme J (je voulais vider mon sac et lui dire à quel point je me sentais jugée et incomprise par elle et par ses collégues, sous pretexte que je ne rentrai pas dans leurs cases), j'ai décidé de commencer le traitement. Je dois bien reconnaître que pour l'instant les résultats sont supectaculaires, j'ai perdu 4kg en 3 semaines, jamais je n'avais perdue si vite et sans le moindre régime en plus!

Lors de mon rendez vous cette après midi, évidemment elle a abordé le sujet, elle était vraiment très gentille aujourd'hui, et elle a accepté notre inscription car elle a constaté une perte de poids de 5kg (ouais sa ballance est plus sympa que la mienne!) Normalement on ne devait plus la voir, mais elle m'a dit qu'elle souhaitait continuer de me voir pour m'aider et me suivre pour mon amaigrissement, j'ai bien sur accepté. Je la revois donc en septembre.

Il y a cependant encore quelques étapes avant l'inscription définitive sur liste d'attente. On doit aller au tribunal pour signer un papier, et ensuite on doit prendre rendez-vous au cecos, également situé au CHR mais à Calmette. Jean devrait donner ses gamétes qui seront congelés pour un eventuel don d'ovocytes dans 2 ans. J'étais étonnée qu'il congéle le sperme, mais en fait ils le font pour éviter qu'on se rencontre avec la futur donneuse au moment du don d'ovocytes. Dernière étape, on voit un psy, mais alors ca, ca ne me fait pas peur du tout! C'est ma psy en fait… Elle me suit depuis plus de deux ans. Et oui, tous ces problèmes hormonaux et d'autres choses ont fait que j'étais quelqu'un d'assez angoissée, j'avais régulièrement des crises d'angoisses. J'ai donc pris mon courage à deux mains et j'ai vu Mme M… Elle est vraiment géniale! elle m'aide beaucoup. Sans elle jamais je n'aurai repris rendez-vous avec un gynéco, j'avais été assez traumatisée pendant mon adolescence. Depuis que je la vois je me sents vraiment mieux, et c'est elle qui est la psy référente au cecos! Enfin il y a deux psy, mais même si je tombai sur l'autre psy, ca ne me dérangerait pas, les psy me font nettement moins peur que les gynécos… Après tout ca, on sera inscrit sur la liste d'attente et on devrait bénéficier d'un don d'ovocytes d'ici deux ans.

Pour le don, ils choisissent une donneuse ayant à peu près les mêmes caractéristiques physiques que la receveuse, et le même rhésus sanguin. On peut passer beaucoup plus vite si nous même on raméne une donneuse (bien sur ca reste anonyme, notre donneuse donnera pour quelqu'un d'autre). On y a réfléchi et on ne voulait pas que quelqu'un de notre entourage subisse tout cela pour nous, donc on va un peu attendre encore. Dernière précision, la fiv se fait en ISCI, c'est à dire qu'ils sélectionnent le spermatozoide qui féconde l'ovule, à priori ca marche mieux. En tous cas par ce blog je tiens à dire un grand bravo et un grand merci à toutes les femmes qui donnent ou ont déjà donné leurs ovocytes. C'est assez contraignant, et je me demande encore ce qui les pousse à faire un tel geste, j'en suis totalement admirative…

J'ai acheté un livre sur le don d'ovocytes, et je vais commencer à le lire dès que j'aurai un peu plus de temps, car j'ai encore besoin de réfléchir beaucoup à la question. Je ne suis pas encore convaincue à 100% par la démarche, mais j'y travaille! Une personne sur le net a en tous cas énormément contribué à ce que mon jugement évolu, son prénom est Anna, elle attend un petit bout grâce à un don d'ovocytes qu'elle a fait en Espagne, et je la remercie pour tous les conseils qu'elle me donne et pour passer autant de temps à me lire et à me réconforter… On ne se connaît pas réellement, juste virtuellement, mais cette rencontre a été très importante pour moi. Je lui souhaite tout le bonheur du monde car elle en a bien bavé avant d'en arriver là!

Temoignage 2 (questions):

Pourquoi avez-vous eu envie de pratiquer un don d'ovocytes?

À 27 ans j’étais maman de 3 enfants, mais j’ai eu un peu de mal à avoir mon 2ème. Une fois que nous avons nos enfants, nous imaginons mal la vie sans eux. Lors d'un rendez-vous chez le pédiatre, j'ai vu un livre sur le don d’ovocytes. Une fois rentrée chez moi, j’ai appelé le centre Cecos le plus proche de chez moi (à 200 km !), et j’y ai pris un rendez-vous pour trois mois plus tard.

Pourquoi un délai si long?

Parce que le centre étant loin de chez moi, je voulais regrouper tous mes rendez-vous le même jour. Cela m’a pris une matinée pour voir la psychologue, le gynécologue, l’anesthésiste et le biologiste.

Comment ça se passe ensuite?

Il s’écoule quelques semaines avant un autre rendez-vous chez le gynécologue pour expliquer le protocole : l’arrêt de la pilule, les injections d'hormones pour stimuler les ovaires, les prises de sang. Ce délai est nécessaire pour avoir les résultats du caryotype et des tests comme l’hépatite ou le sida.

Le jour J, j’ai demandé une anesthésie locale et non générale pour pouvoir ressortir à midi. Le gynécologue m’a demandé de tousser et m’a fait plusieurs piqûres sur le col de l’utérus. Ensuite il a posé un speculum et a prélevé les ovocytes avec une canule qui aspire les ovocytes, dont il a rempli les flacons qui étaient déposés sur mon ventre.

C'était douloureux?

Non pas vraiment. J'ai effectué ce don d'ovocytes à trois reprises. La première fois j'ai senti qu’il se passait quelque chose, mais la deuxième fois : aucune douleur. Seule la troisième fois a été un peu douloureuse. D’ailleurs à l’issu de chaque prélèvement, on me ramenait dans ma chambre sur un brancard, je me rhabillais, j’allais chercher mon ordonnance d’anti-douleur et je rentrais chez moi. Ensuite, on est un peu ballonnée, on a un peu mal au ventre comme pour les règles, mais rien de terrible. La preuve, j’ai effectué un don d'ovocytes à trois reprises!

Que pouvez-vous dire aux mamans pour les encourager?

Je dirais que le don d’ovocytes est très facile, et c'est un don à faire lorsqu’on a soi-même eu le bonheur d’être maman. En plus, après les dons, qu’est-ce qu’on se sent bien dans sa tête ! Donner un peu de soi pour permettre à des couples de connaître notre bonheur simple d’être parents, c’est génial! Il faut savoir que les injections, le traitement, les prises de sang peuvent se faire chez soi, et même les échographies de contrôle peuvent être faites par votre gynécologue habituel. J’ai parrainé une maman qui a eu un ovocyte deux mois plus tard. Son bébé vient de naître en mars dernier. Quel bonheur !

Et que déplorez-vous?

L’entourage et le peu d’informations qui fait dire aux gens qu’ils ne comprennent pas que l’on donne un ovocyte. Ils ne savent pas que c’est seulement une cellule et non un bébé que l’on donne. Par ailleurs, j’aimerais aussi demander que le statut de la donneuse soit officiellement reconnu. Car nous devons avancer tous les frais médicaux, quant au déplacement au Cecos le plus proche, qui peut-être à quelques centaines de km, c’est de notre poche. Peut-être faudrait-il améliorer ces points pour encourager les femmes à effectuer des dons d'ovocytes.